L'environnement de l'entreprise est constitué d'écosystèmes d'affaire dans lesquelles elle se trouve plus ou moins engagée.
Dès 1993, Moore s’attachait à définir un «Business Ecosystem»
"une communauté économique composée d’individus et d’entreprises en
interaction - les organismes du monde des affaires.
Cette communauté économique va produire des biens et des services porteurs
de valeur pour les clients, ces clients feront eux-mêmes partie de l’écosystème. Parmi les membres, il faut également compter les fournisseurs, les producteurs, les concurrents et actionnaires. A
travers le temps, ils vont faire évoluer de concert, leurs compétences et leurs rôles et vont tendre à s'aligner eux-mêmes sur la direction d'une ou de plusieurs entreprises
centrales.
Ces entreprises vont détenir un rôle de leader qui peut évoluer à travers le temps ; la fonction d'un leader de l'écosystème sera d'apporter de la
valeur à la communauté car il va engager les membres à agir en partageant une vision pour adapter leurs investissements et trouver des rôles d'appui
mutuels."
Le modèle d’affaires (ou Business Model) est un ensemble de mécanismes permettant à une entreprise de créer de la valeur et d’en tirer des profits.
D’un point de vue égocentrique, le modèle d’affaire décrit le fonctionnement de l’activité vu de l’entreprise et expose les partis pris par l’entreprise. Il s’agit d’un acte fondateur ou refondateur qui apporte réponse à quelques questions :
· Quelle est la proposition de valeur de l’entreprise à l’égard de son marché ?
· Comment l’entreprise s’organise-t-elle pour apporter sa contribution à la concrétisation de cette proposition de valeur ?
· Comment le marché est-il segmenté ?
· Comment fonctionne la mécanique de génération de revenu pour l’entreprise ?
· Quelles sont les différentes stratégies de relation (notamment conquête et fidélisation des clients) et de coopération ?
D’un point de vue écocentrique, le modèle d’affaire décrit l’activité dans sa globalité pour y situer l’entreprise et organiser la maitrise de son positionnement :
· Comment le réseau de valeur est-il constitué et organisé ?
· Comment le modèle de revenu fonctionne-t-il ?
· Qui organise le réseau de valeur ? Qui en a le leadership ? Quels sont les verrous ?
· Quelle position occupe l’entreprise dans le réseau de valeur ? Quelle la pérennité de cette position ?
Le réseau de valeur est candidat au remplacement de la célèbre
chaine de valeur de Porter.
C'est une idée déjà ancienne qui se trouve renforcée par l'ouverture des frontières de l'entreprise et par la multiplication des formules de coopération, de coproduction, de
co-développement,...
Parmi les nombreuses définitions données par des penseurs américains, qu'ils parlent de Value grid, de value network, de value constellation ou de value web, celle de Verna Allee est la
définition qui me parle le plus :
"toute forme de tissu de relations qui crée de la valeur tangible et de la valeur intangible grâce à des échanges dynamiques et complexes entre au moins deux
individus, groupes d'individus, organisations. ... qu'ils agissent dans le secteur public ou dans le secteur privé."
Un réseau de valeur héberge un modèle d'affaires et un modèle de revenu associé.
Les représentations en sont variées et souvent peu lisibles car un réseau de valeur réunit un grand nombre d'acteurs.
Dans un essai de clarification, nous avions classés les acteurs en cercles concentriques :
· Au centre l’utilisateur final, le consommateur, l’usager
· Un premier cercle d’activités au cœur du modèle d’affaire
· Un deuxième cercle d’apports en technologies et en services facilitateurs
· Un troisième cercle d’acteurs d’environnement notamment les instances de régulation.
Dans des versions plus récentes, j'ai préféré mettre la proposition de valeur au centre de la toile pour considérer le
client comme l'un des contributeurs du premier cercle.
A ce jour, je cherche encore une définition qui traduise plusieurs idées forces :
· Un réseau d’information n’existe probablement pas en tant que tel, il faut sans doute spécifier : le réseau d’information des chercheurs en génétique, le réseau d’information des usagers de la SNCF, le réseau d’information de l’entreprise x,… Il faut au sein de l’immense toile mondiale prendre un parti pris de découpage.
· La notion de réseau d’information encapsule celle de système d’information agrégeant ainsi des informations structurées et des informations non structurées
· Un réseau d’information est aussi constitué de multiples ressources d’information plus ou moins qualifiées, proposées par des acteurs plus ou moins identifiés
· Sur le plan du traitement de l’information, on passe d’un schéma simple saisie, validation, stockage, transmission, formatage de données à un schéma complexe de création, de conservation, d’édition, de diffusion, de distribution d’objets multimédia ; tout acteur du réseau pouvant accomplir l’une des cinq missions.