Mercredi 11 mars 2009 3 11 /03 /Mars /2009 14:50



Comment négocier 2009 ?

 
Parmi les nombreuses études, qui énumèrent les difficultés et les enjeux auxquels les CIO doivent faire face, certaines proposent des axes d'action.
A partir de ces propositions et de mes propres convictions, je me suis essayé à construire un plan d'action cohérent.



la dépense : en ces temps de crise, c’est le premier sujet sur lequel il faut une politique claire

Une vertueuse sobriété 

Curieusement, les coupes sombres ne semblent  pas de mise. On peut plutôt parler de vertueuse sobriété : notamment, dans les dépenses symboliques (déplacements, bonus, frais de représentation). Et puis c’est surtout une excellente occasion de faire le ménage dans le portefeuille de projets : où l’on trouve toujours quelques projets sans enjeu et sans objectif.

Cela mérite explication.  Il y a une conviction que si on réduit les moyens d’intervention du CIO, on gagnera des clopinettes et on pénalisera les gens de métier. Les dirigeants attendent surtout que les CIO réallouent leurs ressources pour aider les professionnels du métier.

 

2° Et en matière de métier, les priorités d’action ont évolués pour 2009.

100 fois sur le métier remettez les processus métier :

La première priorité est toujours la même, on attend toujours des CIO qu’ils mettent le paquet sur les processus métiers aussi bien pour consolider les investissements passés que pour trouver de nouveaux moyens pour améliorer l’efficacité.

Ce qui est nouveau, c’est que la réduction des coûts de l’entreprise est remontée en flèche en priorité 2.

Autre priorité sous-jacente, utilisez à fond les compétences métier développées au sein des équipes IT. Leur donner plus de droit à la parole, les faire phosphorer, utiliser leur vision métier. Tout d’abord, il faut entretenir la compétence et la motivation de ces acteurs clés dans une période difficile ;  ensuite,  pour innover, il faut un peu moins d’écoute client et un peu plus de propositions et d’expérimentations ; enfin, tout pousse à faire évoluer significativement la sacrosainte relation MOA / MOE.


 

Rééquilibrer les processus métiers par les services aux professionnels et utilisateurs.

Plusieurs priorités relèvent d’une philosophie : rendre des services à des individus ou à des tribus :

·        Cela concerne une meilleure utilisation de l’information : celle structurée des systèmes d’information et celles non structurée des utilisateurs

·        Aller s’occuper des clients pour leur faciliter la vie, (cela rejoint l’idée de créer des avantages préférentiels aux côtés des avantages concurrentiels).

·        Et c’est aussi la recherche de petites innovations produits comme des puces qui donnent de l’information sur le produit (la posologie d’un médicament, les qualités d’un vin,…)

·        Dans ce dossier il y a un chapitre « nomadie » auquel les dirigeants sont particulièrement sensibles, « thanks to Blackberry ». 

 



Remettre à plat le dossier « Business Intelligence ».

Les gens de métier utilisent peu les données internes de l’entreprise, ils font leurs petites affaires en marge. Il y a au moins quatre facteurs à prendre en compte :

·        La qualité des données du système d’information de l’entreprise va de mauvaise à exécrable

·        Avec l’externalisation, des pans entiers du «réseau d’information » sont extérieurs au système d’information de l’entreprise

·        On a souvent besoin de réagir rapidement et les temps de mise en œuvre sur les solutions BI « officielles » paraissent  trop longs. Les informations non structurées ont une part non négligeable (prépondérante ?) dans la connaissance et la compréhension des affaires, elles sont absentes des SI de l’entreprise

 

 

 Poursuivre l’effort en matière de Gouvernance

Il semble qu’après une phase très bénéfique, le dossier gouvernance s’enfonce dans la méthode et l’outillage.  C’est classique en informatique, dès que l’on entrevoit une trace d’or, les fournisseurs d’excavateurs rappliquent.

Pourquoi la phase précédente a-t-elle été bénéfique ?

Simplement parce que l’entreprise a mieux cerné les contours de la gouvernance informatique dans son volet « contribution de l’informatique à la performance de l’entreprise » et dans son volet  « risques inhérents à l’activité informatique ».

Et sur ces bases, dirigeants et professionnels ont commencé à trouver leurs marques.

Avant d’investir en moyens, n’est-il pas nécessaire de travailler la maturité de ceux qui ont à s’impliquer dans  cette gouvernance. D’un côté des gens de la technologie qui ont souvent une faible culture d’entreprise et une faible culture économique, de l’autre, des gens du métier que la technologie ennuie, effraie, dépasse,… c’est selon.

Et puis, il est temps de revoir cette singularité française qui est la relation maitrise d’ouvrage, maitrise d’œuvre. Est-elle réellement efficace ? Ne coûte-t-elle pas en temps et argent ? Ne dilue-t-elle pas la responsabilité ?

 

 sur le plan de la technologie, Il y a de nombreux dossiers (on l’a dit) sur lesquels, le CIO doit prendre position ;  la pression du marché sera forte.

Parmi ces dossiers, l’un deux risque de s’inviter plus fortement  sous le feu croisé des éditeurs d’ERP, des gens du décisionnel et des intégrateurs :

Le MDM, (master data management). 

Les ERP en ont besoin pour atteindre le Graal, l’intégration. Dans une étude récente, seuls 3 % des dirigeants US interrogés, considéraient que leur entreprise avait réussi son intégration !

Les gens du décisionnel  y voient une source de cohérence et de normalisation qui fait cruellement défaut.

Les intégrateurs y voient une source de projets complexes et au long cours.

Les CIO devraient se demander s’il ne serait pas plus profitable d’élaborer et conduire une « stratégie de référentiel » en remettant à plus tard l’hypothèse d’un outillage par une solution dédiée ou par une démarche de services WEB.

Une solution de MDM n'atteindra pas ses objectifs si elle on ne lui donne pas  une assise, c'est-à-dire :

·  une vision un tant soit peu consensuelle de l'objectif final : que faut-il harmoniser, pour qule bénéfice et à quel coût ?
 

·  des principes directeurs pour établir une doctrine et des pratiques que l'entreprise saura faire adopter par ses propres professionnels  et aussi par les professionnels de son réseau

·  une organisation permanente dont le métier sera la gestion de contenu et qui montra en puissance lors de la mise au point du référentiel et de son déploiement

·  les pistes pour faire adopter ce référentiel à l'extérieur de l'entreprise et en faire une arme de subversion.




Les CIO devront également donner un coup d’accélérateur à  un second dossier technologique:

ECM (Entreprise Content Management)

Là en revanche, il peut être intéressant de prendre le dossier par le biais de solutions rendant service aux utilisateurs et à retour rapide. Par exemple, la gestion des tarifs, les communiqués de presse, les catalogues électroniques, le contenu de quelques sites WEB à belle audience,…

L’objectif est de provoquer une prise de conscience. De progressivement prendre l’initiative en ce domaine, de faire des erreurs limitées, de donner une culture de l’information au sein des DSI et de créer des compétences pour aller plus loin, beaucoup plus loin.

Mine de rien, il s'agit d'apprivoiser un océan : sites WEB, Blogs, flux RSS, réseaux sociaux, intranets, extranets, YouTube, plaquettes PDF, courriers électroniques, Access/Word/PowerPoint/Excel, ... Il y a un travail de collectionneur ou de conservateur sur les "oeuvres" : dénicher, authentifier, cataloguer, restaurer, protéger et exposer ; mais, il y a aussi et peut-être surtout un travail de mécène auprès des "artistes": conseiller/cadrer, équiper, soutenir, promouvoir.

Sur les travaux d'infrastructure, en ce domaine, on doit pouvoir progresser à coût raisonnable, dans trois directions et avec trois Directions : les catalogues électroniques avec le Commercial, les banques multimédia avec la Communication, l'adoption de CMS (solution de gestion de contenu) avec le Marketing.

 

4° Le CIO doit peser sur l’environnement de l’entreprise et  développer ses propres réseaux d’influence :


Le périmètre d’action de l’entreprise ne se limite pas aux murs de l’entreprise. Le périmètre d’action du CIO itou.


Le CIO doit peser sur la vision de la profession et sur l’organisation des réseaux de valeur dans lesquels l’entreprise opère :

·     Ceux dans lesquels l’entreprise peut légitimement prétendre à un leadership.

·     Ceux auxquels l’entreprise coopère.

 

Pour cela, le CIO doit créer ses réseaux d’influence en s’appuyant sur ses collaborateurs ou collègues présents et passés, quelques autres CIO potentiellement complices ou alliés objectifs, quelques cadres dirigeants  (clients ou fournisseurs) identifiés au sein des réseaux de valeur comme avertis en matière de technologie de l’information, quelques enseignants / chercheurs pragmatiques (il y en a), des professionnels de cabinets et SSII.

Il faut les rencontrer et travailler avec eux.


L’objectif est à double détente :


1° se forger une vision : le métier et le rôle de la technologie dans le métier
 

2° la faire partager à des alliés utiles.


 

Voici quelques pistes.
C'est déjà un long article et pourtant j'ai l'impression d'avoir survolé le sujet.


 A bientôt, donc pour approfondir.



Par ecocentric - Publié dans : Réseau d'information
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