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Le management écocentrique
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J'ai eu l'occasion de m'intéresser aux offres de cabinets de conseil en matière de développement durable. Parmi ces offres, j'ai repéré les achats durables qui
m'ont semblé devoir faire partie du bagage essentiel de tout manager écocentrique. Voici pourquoi. Mais d'abord qu'est-ce qu'un achat durable ?
Les premiers critères sont relatifs à la contribution apportée par un fournisseur ou un prestataire aux objectifs de l'entreprise ou de la collectivité en matière de développement durable.
Ce prestataire ou ce fournisseur aura-t-il un impact positif sur mon Agenda 21 si je suis une collectivité ou sur ma RSE (Responsabilité Sociale de l’Entreprise) ? Cela concerne plusieurs
aspects:
Éthique : explicitée éventuellement par une charte
Le prestataire ou
le fournisseur a-t-il une éthique ? Est-elle en phase avec la mienne ? Est-elle renforcée si je travaille avec lui ?
Risques : identifiés et mis sous contrôle (environnement, société, économie, finance, juridique) ;
peut-être
que l’on peut éviter les affaires (Madoff, Total-Erika,…)
Savoir : l’effort d’innovation, la gestion du savoir, le référentiel, la veille
Le
prestataire ou le fournisseur contribue-t-il à ces objectifs ? Me fait-il progresser ?
Qualité (avec les nouvelles normes)
Le prestataire ou le fournisseur est-il adepte des écolabels ? Applique-t-il les normes environnementales ?
Sensibilisation , prise de conscience et mises en garde :
Le prestataire ou le fournisseur fait-il des efforts en la matière ?
Toujours concernant le partenaire potentiel, quelques questions en matière de transparence :
Peut-on parler de transparence économique et financière ? Le modèle d’affaire et le modèle de revenu sont-ils affichés ? Y a-t-il une communication sincère sur les risques et sur les actions en matière de développement durable ?
Et des questions plus directement dirigées sur l'acte d'achat :
S’agit-il d’un produit ou d’un service solidaire ?
On parle ici
de cohésion sociale et de commerce équitable
En dehors des critères éthiques déjà cités et qui peuvent disqualifier un prestataire ou un fournisseur (exemple du travail des enfants), le fait que le service facilite la réinsertion ou que le
produit permette à des populations défavorisées de survivre constitue un avantage préférentiel qui doit jouer dans les critères de sélection puis de choix.
Est-ce un achat éco-responsable ? Faiblement polluant ? Valorisant les ressources
naturelles? Notamment est-ce que l’on préserve les investissements précédents ? Est-ce réutilisable , recyclable ? Est-ce que l’on limite les déplacements et transports ?
…
Les grandes entreprises ont dans l'ensemble déjà sensibilisé leurs acheteurs, mis en place des guides d'achat, revu les politiques d'achat des principales familles
d'achat et souvent créé une structure en charge de porter la démarche "acahts durables" ou plus généralement "développement durable".
Cette démarche retombe en pluie fine sur les moyennes et petites entreprises prestataires ou fournisseurs de ces grandes entreprises.
Pour les grandes collectivités, les démarches ont été initiées, des guides de référence existent, les procédures d'appel d'offre sont amendées, mais c'est encore un exercice de style.
Les achats durables vont assez rapidemment se fondre dans la problématique achat des entreprises et des collectivités.
Alors, pourquoi s'y intéresser sous la bannière du management écocentrique ?
Les questions qui définissent un achat durable entrent tout-à-fait dans le cadre du management écocentrique . Ces questions conduisent à dépasser la recherche de la performance à court terme de la seule entreprise (« pas cher avec une qualité acceptable ») avec une vision plus globale regardant ce qui se passe dans l'écosystème de l'entreprise.
Voilà un premier point de convergence.
Il y a aussi le fait que la démarche par elle-même est révolutionnaire ; cela fait à l'évidence plusieurs décennies que le sujet des achats est dans une dynamique de contention : réduire le prix, réduire le besoin. Ce qui n'est pas un mal en soi. Voici lancée une dynamique d'extension.
Avec les achats durables on ouvre les fenêtres, on aère les bureaux d'acheteurs et on fait réfléchir avec un angle plus ouvert., une nouvelle perspective. C'est pain béni.
C'est une brèche qui permet de revisiter les politiques d'achats ; c'est l'occasion de poser quelques autres questions « écocentriques », celles-là.
En déléguant ce produit à ce fournisseur ou ce service à ce prestataire, est-ce que je lui concède une part significative de pouvoir sur le modèle d'affaire ou sur le modèle de revenu ? Est-ce que je change la distribution des cartes au sein du réseau de valeur ? A-t-il un potentiel autre au sein de ce réseau de valeur ? Est-ce que ce faisant, je favorise son positionnement ? Est-ce mon intérêt ?
Ce prestataire, ce fournisseur peut-il m'aider dans l'organisation des relations inter-entreprises ? Si oui, puis-je lui mettre le marché en main ?
Ce prestataire, ce fournisseur détient-il des clés de l'accès au marché ? A-t-il des relations privilégiées avec tel ou tel des acteurs de mon écosystème ? Est-ce que travailler avec lui me crée des avantages préférentiels.
La réflexion est complémentaire de celle conduite par famille de produit et revient à une évaluation par classe d'acteur : privilégiant ceux avec lesquels l'entreprise doit renforcer ses coopérations, a contrario, pénalisant les acteurs avec lesquels l'entreprise doit éviter de travailler.
Voici pourquoi les achats durables font partie de la panoplie du management écocentrique.
A bientôt